
Je suis née en septembre 1965, au Raincy, une ville plutôt sympa de la banlieue parisienne. Les histoires que ma mère me lisait le soir pour m'endormir et celles que je suivais à la télé m'enchantaient. Oh oui, j'adorais les histoires... elles enflammaient mon imagination, c'était bien plus drôle que l'école !

Je ne me souviens pas avoir eu de mal à apprendre à lire. C'est venu comme ça, très naturellement. Tout à coup, les images de mes albums prenaient un sens nouveau. Je découvrais la présence de l'auteur. Je n'étais plus seule à imaginer, Il y avait l'auteur et moi... mon imaginaire voyageant dans l'imaginaire d'un autre. Génial ! De ce moment, je n'ai plus cessé de lire.
J'ai dévoré la bibliothèque rose, puis la verte, mais aussi les BD de Tintin, d'Astérix, de Papyrus, d'Alix et de Yoko Tsuno et, plus tard, les drôlissimes Rubrique-à-brac de Gotlib.
A onze ans, j'ai lu Vipère au poing d'Hervé Bazin. Et là, la claque. Finie la bibliothèque verte, il me fallait autre chose. Jules Renard, Victor Hugo, et autres classiques drainés par l'école sont restés quelques temps sur ma table de chevet.

Puis, à 13 ans, j'ai commencé mon long périple à travers l'espace intersidéral.
De l'anticipation aux aventures galactiques, des classiques de la SF aux oubliés du space opera, j'ai écumé les univers spatiaux-temporels
sur fond de musique punk.
J'ai craqué pour Franck Herbert et sa splendide trilogie de Dune, j'ai kiffé grave les Star Wars et la série
Star Trek (l'ancienne) qui passait à la télé. Les extra-terrestres étaient mes amis, les trous noirs, mes lieux de prédilection.
Impossible de poser les pieds sur terre !
Et le BAC est arrivé. Dur, très dur. D'affreuses notes, même en dessin, même en philo. Finalement, Je l'ai eu... l'année suivante.
C'est à peu près à cette époque que j'ai posé mon astronef et planté mes racines dans les mondes ténébreux et flamboyants de la fantasy. Tolkien et son Seigneur des anneaux étaient entrés dans ma vie. Je délaissais le punk pour un rock plus sombre, plus mystique : Bahaus, Dead can dance, Sisters of mercy. Du pur plaisir.
Que faire après le BAC ? Ecrire ? Cela ne m'est pas venu à l'esprit. Trop mauvaise en français. Alors, quoi ? Je me suis inscrite à la fac, section arts photographiques. L'écriture est arrivée par hasard. A cause d'un rêve qui ne ressemblait pas aux autres.
Mon père, qui travaillait à Radio France, me conseilla de le coucher sur papier. Je le pris au mot. Il en sortit 10 pages qu'il présenta à un ami réalisateur. Et voilà ! Mon premier texte passait à France Culture parmi les dramatiques de minuit. J'avais assisté à l'enregistrement et dirigé les acteurs. C'était le plus beau jour de ma vie.
Mais la photographie est un art exigeant, et les textes inachevés, mal rédigés s'empilaient sur ma table de travail. J'ai laissé tomber l'écriture, persuadée que je n'étais pas douée et me suis lancée à corps perdu dans la photographie.
Photographe indépendante, j'ai suivi tant bien que mal mon petit bonhomme de chemin dans la publicité. Parmi les nombreux packshots (prises de vue basiques d'un produit) que je dus réaliser, il y eut quelques compos sympas. J'aimais les portraits, les photographies de studio, les jeux d'ombre et de lumière. Mes écrits étaient relégués au fond d'un tiroir.

Tout a vraiment démarré le jour où l'on m'arracha une dent de sagesse. L'intervention avait été particulièrement désastreuse. J'avais un macintosh et pas grand chose pour oublier la douleur. Je me suis mis à écrire, pour passer le temps, une nouvelle rigolote qui m'a bien plu. Une autre a suivi, puis une troisième que j'intitulai le Rat et qui allait être éditée 11 ans plus tard. J'avais attrapé le virus. Il ne me suffisait plus de lire, je voulais partager.

J'ai rencontré mon mari au moment où je commençais la rédaction de mon premier livre : un roman de fantasy pour adulte (non publié à ce jour).
J'ai tout plaqué : Paris et la photographie. Ma vie changea mais pas mon envie d'écrire.
Déçue de voir mon premier roman refusé, j'envoie à tout hasard une nouvelle à Bayard Jeunesse. Surprise : ils me répondent, enthousiastes. J'ai la joie de voir une de mes histoires publiée. L'idée des chasseurs de lumières pointe le bout de son nez, peu de temps après. Aujourd'hui, je vis avec mon mari et ma fille près de Toulouse. J'aime toujours autant les histoires, et j'espère vous en offrir encore quelques-unes.
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Textes par Magali Herbert. Photographies : droits réservés.