Vois cette aube au levant
Pâle, glacée, frêle lumière
Dans un clair firmament
Aux couleurs de bruyère.
Vois l’ombre des tristes sirs
Dont on tire le sang
Pour en boire ou en rire
Tels des dieux rugissants.
Vois les canines acérées
De cette roche immortelle
En un dangereux baiser
Cisailler le ciel.
Vois mon âme à jamais punie
Rejetée dans l’oubli
Pour n’avoir su assez fort
Étreindre la mort.
Pâle silhouette muette
Bouche pincée et regards clos
Elle est le personnage non désiré
L'intrus s'immisçant dans le rêve
Chaque fois un peu plus hermétique
Chaque fois un peu plus cruelle
Je m'éveille sur la douleur
Elle m'éveille à la colère
Que ne puis-je
D'un claquement de langue
Tuer le souvenir
Nier la blessure
Souffles rires et rêves mêlés
Je nous croyais inséparables
Lasse, lassée
Je ne cesserai jamais de l'aimer
Elle était ma sœur
Les autres sont fantômes
Elle était ma sœur
Mes mots se sont taris, mon cœur s'est éteint
En attente du moins
Comme la nuit silencieuse et palpitante
J'étais un animal tapi au creux du silence, assoupi dans l'attente
J'ai crié un matin, d'un cri silencieux
Et le poids de ce cri sans bruit m'a réveillée
Car en ton sein, vaste comme un ciel, brûlait un astre magnifique
Si tes yeux se baignent encore à sa lumière
Détourne-les alors, à l'aube de la nuit, vers une lune sans chimère
Elle est pure et claire, sa lumière projette des ombres pâles
Mais comme le soleil son rayonnement est intense
C'est mon amour qui l'éclaire
Pour que tu t'en nourrisses à nouveau, je laisse fuser mes mots
Des mots qui m'enlisent et me livrent
Me dénudent et me lient
Et jusqu'à l'ivresse me couchent
Il faudrait que jamais ne s'efface
La trace, le souvenir,
De l'ombre d'un arbre sur l'herbe d'un pré.
Que toujours nous gardions
Sur les lèvres le goût de sel
De la chaleur d'un été.
Eveillons-nous !
Réveillons-nous !
Que bourdonne à nos oreilles le silence de la plénitude.
Et puissions-nous comme à nos premiers ans
Voir sans regarder
Sentir sans ressentir
Se nourrir d'un instant.
Si le sang, lourd, pèse
Si la chair, lourde, cède
Si le sang devient fardeau
Si le vent l'allège, l'enlève
Le fait tourbillonner au gré de son souffle
Si l'envie me prend de le laisser couler
De le laisser emporter en pluie flamboyante
Deviendrais-je éolyre ?
Une mer noire meurt à l'aube du sable blanc
Son froid ressac tire et se retire
Comme une bouche avide mais aveugle
Qui en un souffle lancinant
Mêle mon sang et le vent
Nous étions comme deux fauves lapant le temps,
Indifférents au mugissement de la mort,
Ignorant avec une telle désinvolture
Les signes creux de notre décadence.
Nous étions immortels puisque nous le croyions.
Nous étions au-dessus des lois.
Les seuls principes qui nous agréaient
Etaient ceux que nous énoncions.
Dans le matin froid, nos souffles se mêlaient à la brume
Et les chimères de la nuit ne nous effrayaient pas.
Il y aura le temps où tes yeux, lourds de stériles évidences, chercheront le chemin de l'envers ;
laisse-moi alors te parler de ce fleuve sacré qui ne débute ni ne finit.
Ses eaux puissantes se déversent dans sa source même, et l'instant du jaillissement est celui du déversement,
l'instant du lent écoulement est celui du bouillonnement.
Laisse-moi recourber, pour toi, la fatale ligne du temps en un même cercle d'eau.
Laisse-moi plier la courbe de ta vie en une couronne d'immortalité.
Laisse-toi la contempler et n'y voir plus futur ni passé, mais une infinité de présents tous fusionnés en un.
L'unité est intemporelle.
Toi, qui crois n'être rien, tu goûtes l'éternité.
Par dessus l'abîme de nos âmes mystérieuses
Deux ponts de chair s'élancent et se rejoignent.
Ta main sur mon épaule, fragile message d'une éphémère pudeur.
Sourires entrelacés de regards acceptés.
Chaque instant devient partage.
Souverain plaisir d'être deux et de n'avoir qu'un émoi.
Toi, qui n'est pas mon image, et dont le reflet
Pourtant vibre en moi.
Quand j' déprime, j'ai plus d' rime.
Le dimanche soir, j'ai le cafard.
M' faudrait d' l'amour, pour couper court
À mes idées noires du dimanche soir.
Ah ! Fichue semaine !
C'est bien ma veine !
Y'a pas photo, j' resterai au chaud !
Un instant je t'en ai voulu
De laisser courir le temps,
De laisser les événements agir à notre place.
De tout mon être, je refusais l'attente
Que l'on s'impose.
Par dépit, j'ai même joué à t'oublier
Dans la ronde monotone des jours.
J'ai échoué.
Quels plaisirs m'ont procuré cet échec.
Je peux attendre maintenant.
Je peux goûter aux secondes vides de toi sans frémir,
Il me suffit de retrouver le goût de ta peau.
Tu es si proche alors, je sens ton odeur,
Je pose ma joue sur ta poitrine
Et puis l'image s'évanouit
Je m'amuse à redevenir moi-même,
Navigateur solitaire, sillonnant les mers de mon égocentrisme.
Jusqu'au moment où, de nouveau, je me remplis de toi.
Et j'imagine...
Peux-tu te présenter ?
Bonjour, je m’appelle Magali Herbert. Je suis écrivaine, auteure Jeunesse et adulte (même si je n’ai pas encore de livres publiés dans la section « grands », ça viendra bientôt.)
Qu’écris-tu ?
Des romans, des nouvelles, des articles pour mon blog. Non, sérieusement, j’écris des histoires, ça c’est sûr, pour le reste, je ne saurais définir mon style d’écriture, me sachant fantasque et toute prête à changer de genre au gré de mon évolution.
Comment sont nés « Les chasseurs de lumières » ? Pourquoi cette trilogie ?
Un jour, j’ai lu un bouquin sur la légende des crânes de cristal, et j’ai eu envie d’inventer une histoire aussi extraordinaire et aussi pleine de mystères. J’avais envie d’embrigader mes lecteurs dans une grande aventure, une quête qui les ferait faire le tour de la planète et qui leur ouvrirait les portes des plus anciennes cultures de notre monde.
La nécessité de l’écrire en 3 tomes m’est apparue évidente dès le début. Ne me demandez pas comment, c’est un mystère. Mais ensuite, l’éditeur est intervenu, réclamant des tomes moins lourds et la trilogie s’est transformée en quadrilogie. Le tome 4 est prévu pour fin 2010.
Pourquoi écris-tu ? Est-ce quelque chose de facile à expliquer ?
Je ne sais pas vraiment, et non, ce n’est pas facile à expliquer. J’ai la sensation que l’écriture est venue par hasard mais je sais bien que c’est faux. Quand j’étais enfant, j’adorais lire. Je n’imaginais pas pour autant devenir écrivain. Je pense que j’ai toujours eu besoin de m’exprimer d’une manière artistique. J’ai dessiné assez jeune, j’ai eu envie de jouer de la musique, de peindre. J’aimais l’art en général, en tant que spectatrice et en tant qu’actrice. Je le ressentais comme une expression sublimée de l’âme, la seule façon pour moi de trouver une place en ce drôle de monde dans lequel j’étais tombée (Encore une erreur de ce fichu Maître des Portes ! Y pourrait pas faire attention, celui-là !). Mais l’écriture ! Je n’y songeais pas. Ça m’a rattrapé sans que je le veuille.
C’est quoi être écrivain ?
C’est se réclamer le droit d’être lu. De façon plus terre à terre, c’est aussi un statut social et professionnel, que l’on acquiert lorsqu’un éditeur publie enfin un de vos ouvrages.
Pour toi, écrire c’est quoi ?
Une pulsion, un plaisir, un art, une découverte, une forme de communication, un travail drôlement agréable, la possibilité de faire passer mes messages, un désir, une réalisation, un aboutissement artistique, une façon de me construire, un élan, un bonheur autant qu’une souffrance, une absolue nécessité… pour le moment.
L’écriture a-t-elle toujours été en toi ou est-ce quelque chose qui est arrivé tardivement dans ta vie ? Elément déclencheur ?
Peut-être que l’écriture a toujours été en moi et que je l’ignorais. (Tiens, je n’avais jamais pensé à ça !) Je me suis mise à écrire à l’âge de 20 ans. L’élément déclencheur ? Un rêve vraiment bizarre, qui m’a réveillée au beau milieu de la nuit. Le matin, je le raconte à mon père qui me conseille de l’écrire. Drôle d’idée, mais le rêve était si bizarre, si présent, que je décidai de la suivre. 3 mois plus tard, j’avais 9 pages. Pas vraiment une surdouée de la plume !
Ecris-tu pour toi ? Pour un public ? Le public/l’éditeur t’a t-il influencé ?
J’écris pour un public, dans le sens où je construis l’histoire en fonction de ceux qui vont la lire. Mais j’écris aussi pour moi, dans le sens où je n’écris que ce que je me plairais à lire.
Le fait de s’adresser à un lectorat adolescent influe forcément sur l’écriture. Il faut former des phrases plus courtes, formuler des idées complexes avec un vocabulaire simple, et tout cela en conservant un rythme, une intensité égale. Pour le moment, je n’ai pas souvent eu l’occasion de communiquer avec mon public, je ne sais donc pas si ses demandes pourraient m’influencer. Et L’éditeur ? L’éditeur est celui qui a le pouvoir d’accepter ou de refuser un texte, c’est celui qui fait qu’on est écrivain ou non. Alors vous pensez bien que lorsqu’il dit : « j’aimerais que vous songiez à raccourcir un peu ce chapitre », vous ne lui dites pas non. Vous réfléchissez très fort et vous convenez qu’il a sans doute raison. Mais je ne cède pas toujours.
Comment définis-tu tes romans ? Qu’est-ce qui te guide ? Te pousse ? Te fais avancer ?
Je ne les définis pas. Ce qui me guide, c’est le besoin d’exprimer ma pensée, de matérialiser mes rêves, de partager mes émotions. Ce qui me pousse, c’est l’envie de réussir. Ce qui me fait avancer, c’est la certitude que je suis à ma place.
Cette fameuse imagination, d’où vient-elle ? De quoi t’inspires-tu ?
Mon imagination ? Je ne la trouve pas si développée que ça. Il paraît que l’imagination est un muscle qu’on doit travailler. V’z’avez pas l’adresse d’une bonne salle de gym, m’sieur ?
Qui te lit en 1er ? Un proche ? Pourquoi ?
Ma mère et son mari. Ma mère a lu 26 fois le 1er tome des chasseurs de lumières ! Je ne sais pas comment elle fait. Son avis est toujours bon et elle me remonte le moral en deux secondes. Mais ce qui m’aide le plus, ce sont les « corrections » de l’éditeur. J’apprends beaucoup. Même si ses annotations m’énervent parfois.
Comment crées-tu tes personnages ?
Les personnages, c’est ce que je préfère. Ils viennent comme ça sans que j’ai vraiment besoin d’y réfléchir, tout à coup j’ai l’image du bonhomme. Le prénom vient en même temps comme une évidence. J’adore m’amuser à chercher leur patronyme. Parfois, je m’invente toute leur vie, et alors c’est difficile de ne pas la coucher sur papier, mais j’ai appris à réfréner mes envies. Trop de détails nuisent au récit.
Comment procèdes-tu pour écrire ? Un plan ? Des carnets ?
J’ai commencé les chasseurs de lumières sans plan et je l’ai amèrement regretté : le 1er tome était trop long, trop flou. J’hésitais entre le portrait d’adolescent et le roman d’aventure. Du coup, mes premiers éditeurs l’ont refusé, ce qui m’a filé un sacré coup. Il m’a fallu le réécrire, couper des chapitres entiers, réduire encore et encore des passages que j’avais mis des semaines à écrire. L’horreur. Par la suite, j’ai appris à faire un synopsis c'est-à-dire un plan avec les grandes lignes de l’histoire. Mais j’aime écrire au fur et à mesure. Impossible de sauter un chapitre qui me donne du fil à retordre, histoire de ne pas perdre de temps. Non, il faut que je construise le récit pas à pas. Quand j’ai une idée, je me la garde sous le coude. Dans ma tête. Parfois j’écris une phrase sur un bout de papier que je laisse traîner dans une chemise. Quand je retombe dessus, il est parfois trop tard, j’ai inventé autre chose. Par contre, je tiens consciencieusement le calendrier de mes « chasseurs ».
A quel moment de la journée écris-tu ? Avec quoi ? Une heure précise ? Isolement ?
Je travaille pendant que ma fille est à l’école, sur ordinateur uniquement. Je suis une grosse dormeuse (Impossible de me lever à 5 h du matin comme certains écrivains.) et j’écris très mal le soir. Donc, je me tape 6 à 7 heures de boulot par jour et réserve la soirée et le week-end pour le blog et la création des pages du site. Je rêve de pouvoir m’isoler pour écrire tranquille. Pouvoir m’immerger totalement dans mon récit, ne plus répondre aux besoins des membres de ma famille… le bonheur. Mais ne rêvons pas, ils ne me laisseront jamais partir… jamais… ! argl !!
Est-ce que ce sont tes personnages qui te mènent ? Par exemple, peuvent-ils te faire changer de voie en cours d’écriture ?
Absolument. C’est ce qui s’est passé pour le 1er tome des chasseurs. Grégoire prenait corps dans mon esprit, de plus en plus. Il s’imposait tellement que j’ai vite été incapable de le maîtriser. J’en ai oublié l’aventure qui commençait et c’est pourquoi je me suis perdue. Il ne faut pas se laisser déborder par les personnages, ils sont tenaces, ils veulent prendre vie et sont capables de tout pour cela. L’écrivain ne doit jamais oublier qu’il est le maître du jeu, sinon…
Est-ce que lecture et l’écriture vont de pair ? Faut-il aimer lire pour écrire ?
Mon tout premier livre est un roman de fantasy pour adulte. Moi qui lisais beaucoup de fantasy, du moment que j’ai commencé à le rédiger, j’ai cessé de lire ce genre, par crainte du plagiat. C’était une marque de manque de confiance. Maintenant, je peux écrire et lire en même temps. Mes lectures sont même une source d’inspiration. Les bons ouvrages m’inspirent, me donnent du courage. J’en tire la force de continuer car c’est parfois très dur de ne pas douter de soi. Je ne suis pas sûre qu’on doive aimer lire beaucoup pour écrire. L’art de l’écriture est une pulsion qui peut se révéler d’elle-même. Lire le travail des autres permet tout de même d’acquérir une culture de l’écriture. Tôt ou tard, cette culture fera la différence. La lecture est aussi un excellent exercice pour l’esprit, une façon de faire travailler le muscle de l’imagination.
Ta bibliothèque, quelle est-elle ? Comment sont ces livres, Beaux livres, poches… genres ?
Je suis une inconditionnelle du livre de poche. Les gros formats m’épuisent. J’aime pouvoir tenir un gros bouquin dans une main sans me payer aussitôt une crampe. Les beaux livres m’indiffèrent, les grosses bibliothèques me débectent. Je préfère un petit meuble en bois clair, garni des quelques livres que j’aime relire. J’ai une prédilection pour la fantasy, la science-fiction, les romans historiques, quelques thrillers, des auteurs de littérature américaine, anglaise, française (si c’est pas trop intello), je dédaigne les policiers.
Pour toi, lire c’est quoi ?
Un vrai plaisir. Si le bouquin ne me plaît pas, s’il m’ennuie ou ne me parle pas, je m’arrête tout de suite.
Te sens-tu libre comme écrivain ? As-tu eu à souffrir de la censure ?
Libre ? Certainement pas. Les éditeurs français sont frileux ! Pas de gros livre, pas d’innovation, pas de mélange des genres, pas de risque. Le pire c’est que tout ce qu’on se voit refuser, on le retrouve dans les bouquins importés des Etats-Unis ou de Grande Bretagne. Quand j’écris, je ne peux m’empêcher de penser au risque d’être trop longue, pas assez captivante. Je me sens bridée, par la nécessité de plaire aux éditeurs. Seule le succès permet de se libérer de ce joug.
T’interdis-tu des choses dans l’écriture ? L’éditeur te « dirige »-t-il beaucoup ?
Je manque un peu de bouteille pour répondre. Pour le moment, je n’ai pas écris de textes posant de réels problèmes de censure. Les deux maisons d’édition avec qui j’ai travaillé me dirigeaient dans le bon sens : vers un texte meilleur. Je n’ai pas eu la sensation d’être dirigée mais plutôt orientée vers d’autres solutions. À moi ensuite de décider.
Quels sont tes auteurs préférés ? Tes lectures préférées ?
Je n’ai pas d’auteurs préférés, mais il y a des livres que j’adore. Avant, j’aimais lire pour m’évader : aventures, quêtes, épopées historiques. Maintenant, les livres de littérature m’attirent de plus en plus. Du bout des doigts de Sarah Waters m’a énormément plu. A livre ouvert, de William Boyd. L’allée du roi, de Françoise Chandernagor est un poème de 800 pages. Et d’autres encore.
Les livres jeunesse qui t’ont marqués chez les autres ? Un livre de chevet ?
Les Harry Potter qui m’ont donné l’envie d’écrire pour la jeunesse. La quête d’Ewilan, de Pierre Bottero. Beaucoup de bouquins sur ma table de chevet. Celui qui y reste toujours, c’est mon secret.
Quel est le livre que tu as écrit pour lequel tu gardes une affection particulière ?
Mon tout premier. Le roman de fantasy. Parce qu’il est imparfait et magnifique.
Qu’est-ce ce que la littérature jeunesse pour toi ? Une littérature à part entière ?
Oui, bien sûr. Elle est aussi riche, aussi variée que la littérature pour adultes. Elle requiert autant de sacrifice, de talent et d’attention de la part des auteurs et elle est lue exactement pareil par les lecteurs. Dans l’absolu, il n’y a pas de différence.
Qu’est-ce qu’un auteur jeunesse ?
Un auteur qui sait aussi s’adresser aux jeunes, qui sait mettre son écriture à la portée de son public. Et ceci dans le meilleur sens du terme.
Faut-il lire les classiques ? Pourquoi ?
Si on a envie, pourquoi pas ? Certains sont mûrs pour cela, d’autres non, et alors ? Tout dépend de celui qui fait lire. Un parent enthousiaste, un bon prof… et ça le fera.
As-tu un avis sur l’avenir du livre ? Les nouvelles technologies vont-elles le tuer ? Les nouvelles technologies ne pourront jamais tuer la littérature. Le livre peut-être. J’ai des doutes, mais peut-être. Lire sur un écran est monstrueusement fatiguant, mauvais pour la santé des yeux (faut le dire). Je ne connais pas une personne, même chez les enfants, qui préfère lire une longue histoire sur un écran plutôt que sur une bon vieux livre en papier. Le papier, c’est chaud, c’est doux, c’est bon, ça caresse les sens. Bien sûr, si les livres disparaissent entièrement, comment ferions-nous encore la différence ? On verra bien. Difficile d’arrêter le changement. Tant que les auteurs pourront s’exprimer et les lecteurs s’évader !
Qu’aimerais-tu écrire ? Un sujet que tu n’as pas abordé et qui te taraude ? Un genre ?
J’ai très envie d’écrire un thriller, mais j’ai la trouille. Il y a un sujet que j’aimerais aborder, un sujet très personnel, tellement personnel que je ne sais pas comment m’y prendre. J’y pense.
Ecrire à 4 mains cela te tente-t-il ?
Oui, j’ai déjà proposé l’idée à Muriel Romana, une amie. Ça serait une bonne thérapie ! J’éprouve tellement le besoin de tout contrôler.
Quelle est la phrase qui te pose le plus de souci dans l’écriture ? L’incipit ?
Ah non, ça c’est ce que je préfère. L’incipit et l’excipit d’un livre, c’est ce qui me vient en premier. Ce sont presque des déclencheurs d’écriture, pour moi. Une fois que je les ai en tête, j’ai l’impression de tenir mon histoire. J’aime beaucoup finir un paragraphe et en commencer un aussi. Je m’amuse comme une petite folle.
Quel style préfères-tu ? Style indirect libre… « Je » ou « Il » ?
Vous pouvez répéter la question ? Franchement, trop compliqué pour moi ! Une chose est sûre, mon prochain roman sera au je narratif, ça me démange trop !
Combien dure la phase avant l’écriture (recherches…) ? ET la phase d’écriture ? Combien écris-tu de livres par an ?
Je suis une écrivaine lente. La vie me tire par la manche tout le temps, je n’écris pas spécialement vite, je suis très exigeante avec moi-même et j’ai besoin de beaucoup de temps de décompression, parce que je me lasse très vite d’écrire toujours les mêmes phrases, les mêmes mots. Je ne supporte pas la routine, alors parfois, ça dérape, je n’en peux plus, j’étouffe. Je profite de ces moments pour faire mes recherches. J’aimerais écrire un ou 2 livres par an. Mais faut pas rêver.
Est-il facile de vivre de sa plume ? Exerces-tu un autre métier ?
Hyper dur. Sans la présence de mon mari, je ne pourrais pas me consacrer à l’écriture. Il me faudrait un gros succès ou plus de livres à mon actif… et encore !
Qualités et défauts de l’homme ? Qui rejaillissent sur l’écrivain ?
De la femme, tu veux dire ? Il n’y a pas de différence entre moi et l’écrivaine que je suis. Mais c’est plus mon être profond qui rejaillit sur mon écriture que ma personnalité. C’est peut-être pour ça que j’aime écrire, exposer ce qu’il y a de plus vrai en moi.
Quelque chose à ajouter ?
Je n’en ai pas assez dit, peut-être ??
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